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Évaluation du potentiel de compostage des matières résiduelles organiques des marchés de Dakar pour l’amendement des sols maraîchers de la Grande Niaye

  • Loïc Charles

Thèses et mémoires: Mémoire de maîtriseMaîtrise en ingénierie: Génie de l'environnement

Résumé

Les marchés urbains de Dakar génèrent chaque jour de grands volumes de matières résiduelles organiques (MROs), dont une majorité est dirigée vers la décharge de Mbeubeuss ou abandonnée dans l’environnement. Cette gestion, en plus de poser des problèmes sanitaires et logistiques, représente une opportunité perdue dans un contexte de vulnérabilité des systèmes agricoles périurbains. À la périphérie de la capitale, la zone de la Grande Niaye concentre une activité maraîchère stratégique, mais elle est confrontée à un appauvrissement des sols et à une dépendance croissante aux intrants chimiques. Cette situation met en lumière la nécessité d’évaluer des solutions territorialisées pour boucler les cycles de matières résiduelles organiques. Ce mémoire vise à évaluer le potentiel de valorisation agricole des MROs issues des marchés de Dakar, dans une optique d’économie circulaire et de résilience locale. À travers une démarche méthodologique mixte combinant enquête de terrain, entretiens semi-dirigés, relevés quantitatifs et cartographie participative, l’étude identifie les besoins spécifiques des producteurs, la composition et la saisonnalité des déchets organiques disponibles, ainsi que les configurations territoriales favorables à leur acheminement. Les résultats montrent que les marchés étudiés génèrent environ 1250 tonnes de matières sèches organiques par mois, ce qui, combiné aux résidus agricoles, permettrait de produire, jusqu’à 18 000 tonnes de compost par an. Une valorisation de seulement 18 % de ce flux suffirait à couvrir les besoins en matière organique des 60,7 hectares de sols de la Grande Niaye, ce qui représente un captage mensuel de 289 tonnes de MROs sèches. Toutefois, l’exploitation efficiente de ces ressources repose sur deux leviers clés : d’une part, la nécessité d’un pré-tri rigoureux à la source pour écarter les déchets non organiques ou les contaminants; et d’autre part, la maîtrise technique du processus de compostage, indispensable pour garantir un produit final conforme aux attentes des maraîchers. Dans une perspective de valorisation des MROs en amendement des sols maraichers de la zone de la Grande Niaye, un déficit en potassium subsiste, nécessitant des apports minéraux complémentaires. L’étude souligne également les défis logistiques, sociaux et institutionnels liés à la mise en oeuvre d’un tel système. Le croisement des données territoriales et techniques permet de formuler des propositions concrètes en faveur d’une gestion intégrée des matières résiduelles, avec des scénarios de structuration d’une filière résiliente et inclusive. Ce travail souligne le rôle des collectivités locales, des acteurs de la gestion des déchets et des organisations de producteurs dans la mise en oeuvre de solutions adaptées au contexte sénégalais.
Date28 juil. 2025
langue originaleFrançais
Établissement diplômant
  • École de technologie supérieure
SuperviseurMathias Glaus (Directeur(-trice)) & Malick Diouara (Codirecteur(-trice))

Mots-clés

  • matières résiduelles organiques
  • compostage
  • gestion intégrée des matières résiduelles
  • agriculture urbaine
  • économie circulaire
  • Dakar

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