Des solutions d’intervention sont nécessaires afin de protéger les infrastructures qui sont aménagées à proximité des littoraux pour supporter le développement socio-économique des régions maritimes et qui sont menacées par l’érosion côtière. Or, ces solutions d’intervention, implantées dans des systèmes côtiers uniques, présentent des effets et des répercussions spécifiques. De plus, la gestion des zones côtières est complexifiée par les activités socio-économiques qui impliquent une multitude d’acteurs aux intérêts divers.
Au Québec, les rapports d’analyse de solutions en érosion côtière considèrent majoritairement l’aspect technique lié à l’aménagement d’une solution d’intervention et négligent les aspects socio-économique et environnemental. Dans cette situation, des rétroactions potentielles sont délaissées, exposant ainsi le système côtier à des risques. La démarche employée repose sur un volet technique et un volet décisionnel dont la combinaison est démontrée dans le cadre d’une étude de cas.
Le volet technique a été réalisé avec les données de la baie de Plaisance aux Îles-de-la-Madeleine. Dans un premier temps, une caractérisation du système côtier a permis d’obtenir une description du site à l’étude. Sur cette base, une hauteur de vague significative de dimensionnement de 2,28 m pour une période de retour de 30 ans a été calculée. Dans un deuxième temps, les mesures de lutte contre l'érosion côtière (MLCEC) ont été catégorisées sous forme de fiches techniques pour faciliter l’analyse des caractéristiques de chacun d’eux. En s’appuyant sur ces informations, une préconception des MLCEC a permis de sélectionner des MLCEC applicables répondant aux normes d’ingénierie.
Le volet décisionnel a été formalisé avec la méthode d’analyse multicritère AHP. Trois organismes de la Gaspésie (Bonaventure, Comité ZIP Gaspésie et SCFG) consultés ont été utilisés pour comparer leurs priorités en matière de gestion de la zone côtière. Puis, ces priorités ont été employées pour hiérarchiser les MLCEC selon leurs caractéristiques intrinsèques. Finalement, quatre MLCEC ont été retenues, car elles se démarquaient dans le classement des organismes de référence. Les priorités de la ville de Bonaventure et de la SCFG sont similaires avec une priorisation des combinaisons des MLCEC Enrochement + recharge de plage (28,2 %) et Mur de protection + recharge de plage (28,3 %) respectivement. Le Comité ZIP Gaspésie se distingue en priorisant la recharge de plage (38,1 %). Un classement des MLCEC en fonction d’une estimation du coût est établi et un indicateur d’efficience est calculé. La MLCEC Enrochement + recharge de plage est la solution identifiée par cet indicateur pour la ville de Bonaventure (1,13) et la SCFG (1,12), alors que la recharge de plage est toujours la solution favorisée par le Comité ZIP Gaspésie (1,31). Sur la base de ces trois éléments (AHP, estimation des coûts et indicateur d’efficience), les décideurs peuvent sélectionner une solution d’intervention en ayant un portrait global de leur milieu.
Cet ouvrage démontre l’utilité d’une démarche globale permettant d’élargir les bases de la prise de décision dans un contexte de sélection d’une MLCEC. La démarche pourrait être améliorée en y intégrant une équipe multidisciplinaire afin d’identifier avec précision les paramètres écologiques, hydrosédimentaires et sociaux influençant la sélection d’une solution d’adaptation des communautés côtières aux aléas côtiers.
| Date | 15 janv. 2017 |
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| langue originale | Français |
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| Établissement diplômant | - École de technologie supérieure
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| Superviseur | Mathias Glaus (Directeur(-trice)) |
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- Littoral Modifications Prévention. Littoral Aménagement intégré. Sols Protection. érosion côtière
- ingénierie côtière
- outil d’aide à la décision
- AHP
- gestion intégrée des zones côtière
Sauvé, P. (Auteur(e)),
Glaus (Directeur(-trice)),
15 janv. 2017Thèses et mémoires: Mémoire de maîtrise › Maîtrise en ingénierie: Génie de l'environnement