La transition énergétique fait l’objet d’un nombre d’études croissant, mais celles-ci n’en considèrent pas toutes la même définition. En effet, ce processus a priori technique s’articule aussi autour d’enjeux et de facteurs sociaux, économiques, culturels, politiques, ou environnementaux. De plus, l’étude de la transition est sensible au prisme spatio-temporel au travers duquel elle est analysée. L’évolution des systèmes sociotechniques diffère d’une région à l’autre, et ne se caractérise pas de la même façon selon l’échelle spatio-temporelle choisie. Les outils d’évaluation de la durabilité doivent ainsi prendre en compte l’aspect multidimensionnel de leur objet d’étude ainsi que son ancrage territorial et temporel. Si les séries d’indicateurs pluridisciplinaires présentent un tel potentiel, elles ne l’exploitent pas toutes. En fait, au moins cinq défauts sont communs à un grand nombre d’entre elles : ambiguïté définitionnelle, focalisation déséquilibrée des dimensions, manque de pertinence contextuelle, absence de participation des parties prenantes, et opacité méthodologique.
Pour répondre à ces enjeux, une nouvelle méthodologie visant à construire une série d’indicateurs est introduite. S’inspirant d’une méthode existante, elle propose une approche mixte quantitative-qualitative qui repose sur l’analyse textométrique du discours de presse. Elle vise à prendre indirectement en compte la perception des parties prenantes. Cet objet d’étude sert alors de base à la construction d’un cadre thématique structurant la démarche de sélection d’indicateurs. De plus, l’approche propose une analyse reposant sur un nouveau concept d’écho lexical caractérisant les interactions internes à ce cadre, mettant ainsi en valeur l’imbrication des dimensions entourant la transition énergétique. Par la suite, cette méthodologie est testée sur la région du Nunavik afin d’évaluer son efficacité et ses perspectives d’amélioration. Pour ce faire, un état des lieux de son système énergétique et de son contexte socio-économique est préalablement construit, de sorte à faciliter la prise en compte de ses caractéristiques spécifiques. Puis, la méthodologie est appliquée au Nunavik.
Un corpus de presse de 164 textes est alors concaténé, puis analysé. Il en résulte un cadre thématique structuré par huit classes thématiques primaires : « développement socioéconomique durable », « énergie résidentielle et production décentralisée », « production d’énergie centralisée », « modes de vie face aux enjeux sociotechniques et environnementaux », « développement des énergies alternatives et le cas du projet hydroélectrique d’Inukjuak », « protection concertée de l’environnement », « changement climatique et biodiversité », et « aviation et fret aérien ». Ces dernières représentent les différentes dimensions des enjeux de la transition énergétique au Nunavik : énergétique, sociale, culturelle, politique, et environnementale. Ces huit classes sont ensuite décomposées en un total de 33 sous-classes thématiques plus précises.
Ensuite, seules les deux classes primaires les plus techniques « énergie résidentielle et production décentralisée » et « production d’énergie centralisée » sont complétées par des indicateurs, en raison de ressources limitées notamment. Il en découle une série de 28 indicateurs techniques, fournie avec des références guidant leur application. Cependant, la faible couverture statistique de la région du Nunavik est un frein à la finalisation de la série d’indicateurs, et à leur calcul. Cette application pourrait toutefois aider à construire une stratégie de collecte de données au Nunavik, et à participer à l’élaboration des futures politiques énergétiques nordiques. Finalement, quelques recommandations sont établies quant à l’usage futur de la méthodologie présentée afin de compenser ses limites, identifiées par cette première application. Il en ressort notamment qu’une implication directe de certains acteurs ou experts de la région serait utile et avantageuse.
| Date | 22 nov. 2023 |
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| langue originale | Français |
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| Établissement diplômant | - École de technologie supérieure
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| Superviseur | Didier Haillot (Directeur(-trice)), Stéphane Gibout (Codirecteur(-trice)) & Teva Meyer (Codirecteur(-trice)) |
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