Le syndrome centromédullaire (CCS) est un type de lésion médullaire incomplète (SCI-I) où les fonctions motrices des membres supérieures sont plus atteintes que celles des membres inférieurs. Il représente 30 à 40 % des cas de SCI-I et touche principalement les personnes âgées à la suite d’une chute en avant. Cependant, les résultats d’études quant à sa genèse, sa prise en charge et son pronostic restent souvent divergents. Il a été proposé que la principale source de divergence soit un manque de définition objective de ce syndrome, menant différentes institutions à ne considérer une SCI-I comme un CCS qu’à partir d’un seuil variable d’expressivité de ce syndrome. Considérant que la morphologie vertébrale humaine est influencée par des facteurs démographiques, est-ce que la morphologie du rachis cervical influencerait les dommages de la moelle spinale lors d’un traumatisme typiquement associé à un diagnostic de CCS et contribuerait à expliquer la variabilité des symptômes et des résultats d’études du CCS rapportés par la littérature ?
D’abord, une analyse rétrospective d’une base de données clinique prospective a été réalisée sur 336 personnes hospitalisées pour une SCI-I cervicale. L’expressivité du CCS a été divisée en deux classes autour de la médiane de la cohorte (0,22), et une régression logistique a été réalisée pour étudier l’influence de sept variables démographiques et cliniques. Les femmes sont plus à même que les hommes de présenter un CCS de forte expressivité, et sont moins à même que les hommes de fortement l’exprimer sur une grande plage de sévérité de SCI-I.
Ensuite, un modèle nnU-Net a été entraîné pour segmenter automatiquement les vertèbres cervicales dans des images par CT-Scans, puis un algorithme a été développé pour automatiser la prise de mesures anatomiques sur les vertèbres de 450 adultes. Une analyse en composantes principales suivie d’une classification hiérarchique ascendante de ces mesures a établi que la variabilité morphologique humaine peut se résumer à quatre archétypes, et que la taille globale des vertèbres est liée au sexe, mais est décorrélée à la taille du canal spinal et de l’épaisseur des disques intervertébraux.
Finalement, 21 simulations d’hyperextension de l’unité fonctionnelle C3-C4, basées sur les archétypes précédents, ont montré que la taille des vertèbres, donc le sexe, influence la souplesse du rachis et l’ampleur des dommages axonaux. Ceux-ci étaient cohérents avec la genèse du CCS et avec les résultats précédents : les femmes avec sténose auraient trop d’axones endommagés pour pouvoir fortement exprimer un CCS, et les hommes ayant chuté en auraient trop peu.
Plus de simulations seraient requises, ainsi que l’inclusion de propriétés mécaniques de tissus dégénérés, mais la morphologie du rachis semble influencer la genèse et l’expressivité du CCS dès la blessure primaire. Par la combinaison d’une approche clinique rétrospective et d’une étude numérique fondamentale, il a été démontré que les individus exclus seraient paradoxalement les individus âgés s’ils ne sont pas proches du 50ème centile morphologique. Ces travaux appuient donc l’appel à normaliser objectivement le diagnostic du CCS et rouvrent le débat sur l’utilité des chirurgies prophylactiques de la sténose cervicale.
| Date | 7 août 2026 |
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| langue originale | Français |
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| Établissement diplômant | - École de technologie supérieure
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| Superviseur | Yvan Petit (Directeur(-trice)) & Jean Marc Mac-Thiong (Codirecteur(-trice)) |
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- syndrome centromédullaire
- lésion médullaire
- anatomie vertébrale
- modélisation et simulation numérique
- hyperextension du rachis cervical
Diotalevi, L. (Auteur(e)),
Petit (Directeur(-trice)) & Mac-Thiong (Codirecteur(-trice)),
7 août 2026Thèses et mémoires: Thèse de doctorat › Doctorat en génie: Génie