Passer à la navigation principale Passer à la recherche Passer au contenu principal

Mesure objective de l'atténuation et de l'effet d'occlusion des protecteurs auditifs à partir des potentiels évoqués stationnaires et multiples

  • Olivier Valentin

Thèses et mémoires: Thèse de doctoratDoctorat en génie: Génie

Résumé

Selon l'Organisation mondiale de la santé, le nombre de travailleurs exposés quotidiennement à des niveaux de bruit préjudiciables à leur audition est passé de 120 millions en 1995 à 250 millions en 2004. Même si la réduction du bruit à la source devrait être toujours privilégiée, la solution largement utilisée pour lutter contre le bruit au travail reste la protection auditive individuelle. Malheureusement, le port des protecteurs auditifs n’est pas toujours respecté par les travailleurs car il est difficile de fournir un protecteur auditif dont le niveau d’atténuation effective est approprié à l’environnement de travail d’un individu. D’autre part, l'occlusion du canal auditif induit une modification de la perception de la parole, ce qui crée un inconfort incitant les travailleurs à retirer leurs protecteurs. Ces deux problèmes existent parce que les méthodes actuelles de mesure de l’effet d’occlusion et de l'atténuation sont limitées. Les mesures objectives basées sur des mesures microphoniques intra-auriculaires ne tiennent pas compte de la transmission directe du son à la cochlée par conduction osseuse. Les mesures subjectives au seuil de l’audition sont biaisées à cause de l’effet de masquage aux basses fréquences induit par le bruit physiologique. L’objectif principal de ce travail de thèse de doctorat est d’améliorer la mesure de l’atténuation et de l’effet d’occlusion des protecteurs auditifs intra-auriculaires. L’approche générale consiste à : (i) vérifier s’il est possible de mesurer l’atténuation des protecteurs auditifs grâce au recueil des potentiels évoqués stationnaires et multiples (PEASM) avec et sans protecteur auditif (protocole 1), (ii) adapter cette méthodologie pour mesurer l’effet d’occlusion induit par le port de protecteur auditifs intra-auriculaires (protocole 2), et (iii) valider chaque protocole par l’intermédiaire de mesures réalisées sur sujets humains. Les résultats du protocole 1 démontrent que les PEASM peuvent être utilisés pour mesurer objectivement l’atténuation des protecteurs auditifs : les résultats obtenus à 500 Hz et 1 kHz démontrent que l’atténuation mesurée à partir des PEASM est relativement équivalente à l’atténuation calculée par la méthode REAT, ce qui est en accord avec ce qui était attendu puisque l’effet de masquage induit par le bruit physiologique aux basses fréquences est relativement négligeable à ces fréquences. Les résultats du protocole 2 démontrent que les PEASM peuvent être également utilisés pour mesurer objectivement l’effet d’occlusion induit par le port de protecteurs auditifs : l’effet d’occlusion mesuré à partir des PEASM à 500 Hz est plus élevé que celui calculé par l’intermédiaire de la méthode subjective au seuil de l’audition, ce qui est en accord avec ce qui était attendu puisqu’en dessous d’1 kHz, l’effet de masquage induit par le bruit physiologique aux basses fréquences est source de biais pour les résultats obtenus par la méthode subjective car il y a surestimation des seuils de l’audition en basse fréquence lors du port de protecteurs auditifs. Toutefois, les résultats obtenus à 250 Hz sont en contradiction avec les résultats attendus. D’un point de vue scientifique, ce travail de thèse a permis de réaliser deux nouvelles méthodes innovantes pour mesurer objectivement l’atténuation et l’effet d’occlusion des protecteurs auditifs intra-auriculaires par électroencéphalographie. D’un point de vue santé et sécurité au travail, les avancées présentées dans cette thèse pourraient aider à concevoir des protecteurs auditifs plus performants. En effet, si ces deux nouvelles méthodes objectives étaient normalisées pour caractériser les protecteurs auditifs intra-auriculaires, elles pourraient permettre : (i) de mieux appréhender l’efficacité réelle de la protection auditive et (ii) de fournir une mesure de l’inconfort induit par l’occlusion du canal auditif lors du port de protecteurs. Fournir un protecteur auditif dont l’efficacité réelle est adaptée à l’environnement de travail et dont le confort est optimisé permettrait, sur le long terme, d’améliorer les conditions des travailleurs en minimisant le risque lié à la dégradation de leur appareil auditif. Les perspectives de travail proposées à la fin de cette thèse consistent principalement à : (i) exploiter ces deux méthodes avec une gamme fréquentielle plus étendue, (ii) explorer la variabilité intra-individuelle de chacune des méthodes, (iii) comparer les résultats des deux méthodes avec ceux obtenus par l’intermédiaire de la méthode «Microphone in Real Ear» (MIRE) et (iv) vérifier la compatibilité de chacune des méthodes avec tous les types de protecteurs auditifs. De plus, pour la méthode de mesure de l’effet d’occlusion utilisant les PEASM, une étude complémentaire est nécessaire pour lever la contradiction observée à 250 Hz.
Date3 mars 2016
langue originaleFrançais
Établissement diplômant
  • École de technologie supérieure
SuperviseurFrédéric Laville (Directeur(-trice))

Mots-clés

  • Bouchons d'oreille. Bruit Lutte contre Appareils et matériel. Potentiels évoqués auditifs. multiple
  • PEASM
  • stationnaire
  • protecteurs auditifs intra-auriculaires
  • électroencéphalographie
  • atténuation
  • effet d’occlusion

Citer cette ressource

'